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07/08/2017

Histoire et origine de la famille "AIT-MOHAND" du village de Tassaft.

youcef 2.jpgEn Kabylie, de par leur orgueil démesuré, les grandes familles nourrissaient entre elles des rivalités de grandeur et de puissance. Pour se renforcer et se prémunir contre tout danger extérieur, certaines finissent par s’entendre et créent, entre elles,  des liens de sang essentiellement par le mariage.

C’est ainsi que L'Hadj Ouedriss Nath Hamoudha de Tassaft, n’ayant pas oublié les origines de son aïeul Ali, se lia aux Athmouhand Ouyahia d’Aourir Ouzemmour et donna sa sœur Tassadite en mariage à Saîd Athmouhand Ouyahia.

La famille Athmouhand Ouyahia composée de deux branches, Ait-Mohand et Ould-Yahia, était puissante et sa voix portait au-delà de son douar d’Akbil.

Cette alliance, par le mariage, ne dura malheureusement pas longtemps puisque Saîd, qui fit partie du contingent de kabyles envoyés pour défendre Alger contre le corps expédionnaire français, tomba au champ d’honneur dans la bataille de Staouéli, le 19 Juin 1830, en laissant une veuve enceinte.

Lhadj Ouedriss, en homme avisé, ramena avec l’accord des Ait-Mohand, sa sœur chez lui à Tassaft.

Tassadite arriva à son terme et accoucha d’un garçon qu’on prénomma Ahmed. Dès sa naissance vers la fin de 1830, Hadj Ouedriss réunit ses 03 enfants (Aomer, Mohand Arab et Ahmed Arab) et leur fait part de ce qu’il a décidé :

- "Mes enfants, à compter de ce jour, vous n’êtes plus trois mais quatre frères. A compter de ce jour, Ahmed, le fils à ma sœur, est considéré comme un membre de ma maison et un membre de la famille "Nath Hamoudha". Tous mes biens personnels seront répartis entre vous quatre à part égale. Tous mes droits et tous mes devoirs dans le village et dans "Adhroum Nath Hamoudha", seront accomplis par vous quatre. J’informerai tous les cousins de cette décision. Ahmed est, désormais, mon quatrième fils."

Quand Ahmed arriva à l’âge de se marier, Hadj Ouedriss, pour renforcer et consolider sa famille, lui donna comme épouse sa propre fille Hamama et eut avec elle:

  • Hamou-Ahcène qui laissa Smina, qui se maria plus d’une fois et eut un garçon à Agouni Fourou, nommé Chabane.
  • Akli, mon grand pére, qui laissa deux garçons (Boudjemâa et Ahmed) et deux filles (Keltouma et Tassadite). Seule cette branche continue encore à perpétuer au village la lignée des Ait-Mohand, principalement par Ahmed (fils d’Akli) qui eut deux garçons, Youcef  (l’auteur de ces lignes) et son frère Ali, nés respectivement en 1947 et en 1958.
  • Et une fille, Adidi. Elle n'avait pas d'enfants, et a vécu dans la maison de Dda Slimane occupée actuellement par Dda Voussad Amirouche. Elle était prise en charge par mes grands parents jusqu'à sa mort. Adidi Hemama était célèbre au village par ses dons de sage-femme (Qivla). Elle soignait aussi diverses maladies et toutes les mamans étaient contentes de lui confier leurs nouveaux nés. Elle excellait, par ailleurs, dans la guérison des aphtes (vouyfrakh).

Devenu un riche propriétaire terrien, Ahmed "régna" comme l'Amine du village pendant plus de trente ans.

A la mort de Hemama, sa première épouse, il épousa en secondes noces Saâdia Ath Oufroukh, veuve de son frère adoptif Aomer et père de M’hamed dit  "M’ha Achivane", père de Bélaïd et Aomer. Il eut, avec elle, Arezki père de:

  • Sekoura (Sekoura Ourezki), qui épousa Bélaid (fils de M’ha Achivane)
  • Et Mohand Ouramdane, décédé précocemment à l'age de 22 ans.

Il y a lieu de préciser que M’hamed (fils d'Aomer) et Arezki (fils d'Ahmed) sont des frères utérins.

Par manque d’espace dont ils souffraient, les Ath El Hadj ont mis à la disposition de mes grands parents, la maison de Sidi Salem héritée aujourd’hui par le regretté Salem, fils de Dda Chavane. Ma famille y habita de 1925 à 1942. Achour, mon cousin Achour et Aziza, ma sœur ainée, y sont nés. En 1942, ma famille emménagea définitivement dans notre maison actuelle, héritée de mon grand père maternel Aomer et de son frère Kaci. En 1946, ceux-ci, vieux et sans enfants mâles, léguèrent à ma mère tous leurs biens par acte notarié.

Mon père céda alors à Ahcène Meziane, la petite chambre que notre famille avait héritée dans "L’hara Thaqdhimth" et restitua aux Athlhadj, les clefs de leur maison qui l’a si généreusement abrité, lui et sa famille.

Lors de l’instauration de l’état civil en 1891 par le colonisateur français, on proposa à ma famille de prendre le nom d'Ould-Hamouda. Le fils d'Arezki et frère de Sékoura (Mohand Ouramdane) refusa et préféra garder son nom d’origine d'AIT-MOHAND.

Chez les "Ath Hamoudha", les plus proches de nous par l’héritage du sang et des biens, sont les descendants de L’Hadj Ouedriss et appelés communément "Ath L’hara Thaqdhimth" et qui sont: 

  • Akham N’Mha Achivane (Bélaid et Aomer),
  • Akham N’Méziane (Rabah et Ahcène),
  • Akham N’Amer (Amar et Mohamed Ouali),
  • Akham N’Mohand Said (Chavane et Bélaid), et
  • Akham N’Aomer (chef de gare).

Plus tard, notre sang fut mêlé à toutes les branches des Ath Hamoudha par ma mère (Zahra N'Aomer), ma tante paternelle Tassadite (Na Sassa), Nana (Sekoura El Mouloud, et épouse de mon oncle paternel Boudjemâa) et aujourd’hui encore par Dehbia, fille de Da Voussad Amirouche et épouse de mon frère, Ali.

Notre famille est installée à Tassaft depuis 1830. Elle est une partie indissoluble de la branche des Ath Hamouda et descendant de Lhadj Ouedriss.

Voir l'arbre généalogique de la famille

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Source: "Ma vie ou mes souvenirs", Manuscrit non publié de Youcef AIT-MOHAND, Béjaia 2012.