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31/05/2026

Tassaft-Ouguemoun : À l’ombre du chêne de Sidi Salem

                                                                                                                                                      À Khédidja, ma fille.

Préambule

Voici les ultimes mots gravés sur l'édifice mémoriel qu’incarne notre Tassaft. Ce récit, tissé de la fibre de nos mémoires et du sang de nos aïeux, s'offre à vous comme une esquisse, un socle brut destiné aux enfants de ce peuple immortel. Puisse-t-il s'épanouir grâce à vos voix, s'enrichir de vos propres histoires et même résonner de vos silences. Il appartient à chacun d'y graver le nom des siens, de raviver les alliances perdues et de sauver de l'oubli ces fragments de vie arrachés au néant.

Par-delà les cimes et les époques, manifestez-vous ; inscrivez sur ces feuillets les murmures que vos pères vous ont confiés au secret des nuits glaciales. Je lance ici un vibrant appel fraternel à Youcef et Ali Aït Mohand, à Bélaïd, à Ahmed Bacha et à Toudert Benamer. Cet appel embrasse également Latamène Ammour, Madjid Yousfi, les frères des Aït Erbah, Aomar Mohammed Yahiaoui, Abderrahmane Benbrahim, notre parent le Docteur Ali Yahia, ainsi que vous tous dont l'âme s'enracine dans cette terre sacrée.

Que nulle âme n'oublie jamais les Aït Erbah. Ces colosses de l'ombre brandissaient déjà l'étendard de l'émancipation dès les âges médiévaux, bien avant que Tassaft ne devienne un murmure dans le vent. Rendons également grâce aux Benahmed et aux Mohamed Yahiaoui. Ces bâtisseurs de l'invisible ont, sous le joug colonial et à même la roche, sculpté des refuges, forgeant un labyrinthe de survie qui demeura à jamais inviolé.

Inclinons-nous enfin devant les figures de proue de notre libération : Dhadda Mohand Ou Idir Nath Ali ou M’hammed, Dhadda Mohand Ouamer n’Ath Messaoud et Youcef Antiten. Leurs esprits veillent sur nous et nous accompagnent. Ce cri du cœur se veut à la fois déchirure et bénédiction, à l'image de notre terre, aussi âpre que prodigue, et de nos origines millénaires.

Tassaft Ouguemoun : Le Sang et les Étoiles

Suspendu sur sa crête, à la confluence de la roche et des cieux, Tassaft Ouguemoun transcende la simple dimension d'un village. Il s'érige en une véritable citadelle de la souvenance, un sanctuaire où chaque moellon murmure le nom d'un martyr et où la moindre brise charrie les échos des luttes d'antan.

1. Les Racines Sacrées

Sous la ramure protectrice du chêne séculaire, gardien tutélaire du cimetière familial, repose l'âme de notre ancêtre fondateur, Sidi Salem ou Makhlouf. Prédicateur voyageur du XVIIe siècle, il choisit ce lieu âpre pour y bâtir sa demeure, sa mosquée et son école.

C'est sur ces hauteurs qu'il insuffla la vie à une communauté appelée à devenir un rempart inflexible contre l'oppression. Les liens se tissèrent et les lignées s'épanouirent : les Aït Hamouda, Ould Hamouda, Aït Mohand, Ouahioune, Bacha, Yousfi, Ammour et Benamer. Chacun de ces patronymes constitue un chapitre vibrant de notre vaste épopée.

2. Les Déchirures et les Renaissances

L'histoire de Tassaft porte aussi les stigmates d'une blessure béante. Durant le XIXe siècle, une discorde fratricide fractura les Ath El Hadj et les Ath Hammoudha. Avant de prendre le chemin douloureux de l'exil, mon arrière-grand-père, Saïd Oulhadj, lança un anathème sur ses adversaires.

Le courroux s'abattit inlassablement, jusqu'au jour où mon grand-père maternel, Aït Hamouda Ouali, parvint à conjurer le mauvais œil en obtenant l'absolution de Saïd Oulhadj. Face à ce pardon, certains choisirent le retour. D'autres, cependant, s'enracinèrent à Agouni Ahmed, sur les terres des Ath Yanni, drapés dans leur dignité comme on revêtirait une armure.

3. Les Héros et les Martyrs

Face à la tempête, Tassaft n'a jamais plié.

  • Saïd n’Ath Ali : Mon aïeul a rendu l'âme sur le champ de bataille d'Icherriden, combattant vaillamment sous la bannière de Lalla Fadhma n’Soumeur.
  • Ammar Ould Hamouda : Figure d'une ferveur patriotique immaculée et leader de la cause amazighe, il fut lâchement abattu en 1955 pour avoir osé rêver d'une Algérie libre et plurielle.
  • Amirouche Aït Hamouda : Ce colonel auréolé de légende et tacticien impitoyable porte un nom qui claque, tel un drapeau fendant la bise.
  • Mohand-Améziane Ouahioune : Cet instituteur au cœur de poète fut terrassé dans l'obscurité, lui qui avait semé la lumière dans tant d'esprits.
  • Ait-Hamouda Yamina : Ma mère, figure héroïque de l'infirmerie clandestine, a bravé les affres de la torture pour préserver la vie des djounouds blessés de la Révolution.

Et la liste de ces géants est encore longue.

4. Les Gardiens du Savoir

Tassaft ne s'illustre pas uniquement par le fer et le glaive ; le village est aussi un foyer d'encre et de clarté.

  • Me Arab Ouahioune : Pionnier du barreau et ancien bâtonnier, il fut le fondateur et le premier Président de la Cour de Constantine.
  • Mohammed Arkoun : Ce philosophe de stature mondiale puisait la sève de ses réflexions dans les contes murmurés par sa grand-mère, Zoubida nath El Hadj Aâmer, la propre sœur de mon grand-père Ibrahim.
  • Amer et Chabane Ouahioune : De leurs plumes vibrantes, ils se dressèrent pour dénoncer sans relâche les mensonges du système colonial.

5. Aujourd'hui, demain

Les ruines de Tassaft résonnent encore de mille voix. Les feuilles des oliviers chuchotent le souvenir des disparus, tandis que le mausolée de Sidi Salem, relevé de ses cendres, continue de veiller sur nos destinées. Ce texte dépasse la simple évocation d'un lieu d'ancrage.

Il s'agit d'un serment. Que la descendance de ce sol ne perde jamais de vue que nous sommes les enfants d'une terre insoumise qui n'a jamais courbé l'échine. Un regard tourné vers le passé éclaire cet attachement viscéral que je voue, en dépit d'un exil intérieur, à ce fragment de terroir saturé d'Histoire et de luttes perpétuelles pour la liberté et la dignité des hommes.

Que l'âpreté de ses paysages et la rugosité de ses habitants ne masquent jamais les abîmes d'amour et la générosité dont il a toujours su faire preuve. Les tumultes de l'existence, dont j'ai été tour à tour témoin et acteur, ont gravé en mon être une empreinte indélébile. Ils ont magnifié la vision de ce petit bout de Paradis dont je connais et chéris la moindre anfractuosité.

Cette prescience s'enracine dans le fait que ma région et ma famille ont toujours occupé la première ligne des résistances. Ce fut particulièrement vrai lors de la glorieuse Révolution de Novembre 1954, exigeant un amour du pays, une humilité, une abnégation et des sacrifices sans commune mesure. Tout ceci a éveillé en moi une sensibilité particulière : la conscience de la dette que les nouvelles générations ont contractée envers celles qui les ont précédées.

Un respect absolu et une immense considération leur sont dus, qu'ils soient vivants ou morts. Leur trace, gravée au cœur de la mémoire collective, demeurera à jamais vivace.

6. Topographie d'une Mémoire

Aussi loin que portent mes réminiscences, elles m'entraînent au faîte d'une colline, mon berceau. C'est là que Sidi Salem ou Makhlouf érigea sa demeure et sa mosquée, flanquée de la salle de cours (tha mâammarth) destinée à ses tolbas. Ce sanctuaire de mon enfance, dont l'histoire plonge dans les temps anciens, se nomme Tassaft ou Guemmoun. Ce modeste village kabyle veille, perché sur une crête, à un jet de pierre de la « Main du Juif » (thalettat). Il se tient à équidistance des Ath Boudrar au sud, des Ath Menguellet à l'est, des Ath Ouacif à l'ouest, et des Ath Yanni au nord.

Depuis Sidi Ali Bounab, notre cimetière familial, le regard embrasse un panorama majestueux. Au nord, les Ath Ervah et les Ath Yanni captivent l'œil, laissant poindre à l'arrière-plan les contreforts des Ath Yirathen. Vers l'est, par-delà les eaux de l'assif El Djemâa, se dévoilent les Ath Menguelleth, I Attafen et Aqbil. Sur une crête intermédiaire, Ighil Bwammas tisse un lien avec les Ath Boudhrar, dominés par le puissant Djurdjura.

Au sud, les Ath Boudrar s'adossent farouchement à la montagne. À l'ouest s'étendent les Ath Ouacif, Ath Bouakkach, Ath Sedqa, Ath Chebla et Thahachat. Enfin, à l'horizon, la plaine (Azaghar) mène vers la zaouïa de Sidi Ali ou Moussa, filant plus loin vers les Ouadhias, Amechras, Boghni et Drâa el Mizan.

L'appellation « Thassafth Ou Guemmoun », signifiant le chêne du mamelon, s'inspire du chêne multicentenaire enlaçant un micocoulier (Iviqqes). Cet arbre tutélaire, dominant notre cimetière, symbolise le Saint protecteur des lieux, Sidi Ali Bounab. Ce nom, lourd de sens, constitue une importation et un hommage au saint de la région natale du fondateur, mon aïeul Sidi Salem ou Makhlouf.

Sur le plan topographique, le village épouse avec perfection la forme d'un Y, couronnant un chemin de crête et dictant les trois cols d'accès. À l'est, le col de « Thizi Nath Ouamara » ouvre la porte par le flanc des Ath Ammour. Au nord, vers la partie moderne du hameau, « Thizi N't' Qerravth » offre une approche passant par la Zaouia Ammaria de Mrabet Mohamed et Thaqavouchth. Ce chemin assure le lien avec le noyau primitif, Thighilt n'l'djamâa (la colline de la mosquée), où se dressait jadis l'édifice cultuel de Sidi Salem, aujourd'hui détruit. Son oratoire (Thakhamth n'Sidi Salem) fut légué par le conseil de famille à feu mon cousin Salem.

De la demeure patriarcale, il ne subsiste que l'entrée et la chambre de mon grand-oncle Kaci Oulhadj, frère de mon grand-père paternel. Il est indiscutable qu'il s'agit là de la plus ancienne maison de Tassaft. Enfin, par la base de l'Y au sud, Thizi Bouchfoun guide le marcheur le long d'un raidillon vers la « tête du corbeau » (Aqerrou ou Guerfiw), rejoignant ensuite Sidi Ali Bounab et le quartier des Ath Hammoudha.

7. La Célébration et le Sanctuaire

Jusqu'à son décès en 1965, mon grand-père Ibrahim, digne héritier direct, orchestrait la grande zerda de Sidi Salem. Épaulé par Mohand Ouali nath Youcef (Meghalet), son cousin d'Agouni Ahmed, cette célébration réunissait chaque année sur les rives de l'assif el Djemâa les populations de Tassaft, des Ath Erbah et d'Agouni Ahmed. Un taureau y était rituellement sacrifié sur l'aire à battre, érigée en cénotaphe symbolique du saint.

Ce lieu magique, connu sous le nom de Sidi Salem n'Ouacif, surplombe la partie la plus tumultueuse de la rivière, dont les eaux cristallines se brisent sur le fond rocheux. Il jouxte l'oliveraie de la lignée Boubekeur, berceau de ma merveilleuse grand-mère paternelle, Yaya Fetta Boubekeur dite Tharvahth. Plus récemment, grâce au dévouement des sœurs et des branches familiales restées sur place, un petit mausolée a été érigé, relançant la ferveur de la zerda annuelle.

Le 10 juillet 2017, sous une canicule écrasante de 48° à l'ombre au bord de l'assif, j'ai vécu l'un des instants les plus intenses de ma vie. Informé depuis 2014 par les miens de la possibilité d'y accéder en voiture, je m'étais fait la promesse d'y retourner, ma dernière visite remontant à la zerda de 1954.

Les témoignages croisés de mon grand-père, de ses frères, de ma mère et de mon oncle maternel murmurent que Sidi Salem ou Makhlouf, ce prêcheur itinérant, se serait établi au début du XVIIe siècle sur ce site alors vierge, fondation de Tassaft. Après y avoir bâti sa maison, sa mosquée et son oratoire au point culminant (Thighilt n'l'Djamâa), il semblerait que Sidi Salem – ou l'un de ses descendants – soit reparti vers le massif de Sidi Ali Bounab. Sa quête était de ramener une population pour donner vie à ce nouveau centre.

8. Alliances et Blessures d'Exil

L'élection de la famille Ouahioune pour peupler le village ne dut rien au hasard, s'appuyant sur des alliances familiales existant bien avant leur établissement à Tassaft. En effet, des liens antérieurs à 1850 unissaient déjà cette famille à la mienne. À travers les âges, nous fûmes les Ath Sidi Salem, puis les Ath Antar, et enfin les Ath l'Hadj Aâmer, nom actuel de notre branche dont je suis aujourd’hui le doyen, et dont une fraction fonda Agouni Ahmed. Ces cousins proches, liés à ce jour aux Ath El Hadj de Tassaft, portent toujours fièrement leurs patronymes d'origine.

La fracture de notre clan remonte au dernier tiers du XIXe siècle. Un grave conflit de voisinage avec certains membres d'Adhroum nath Hammoudha contraignit les Ath el Hadj Aâmer à un amer exil. Mon arrière-grand-père, Saïd Oulhadj, mena ses enfants vers le village de Bou Abderrahmane chez les Ath Ouacif, tandis que le reste de la famille fondait le hameau d'Agouni Ahmed chez les Ath Yanni.

La légende raconte que cet exil forcé précipita une série de malheurs sur les Ath Hammoudha, conséquence funeste de la malédiction prononcée par le patriarche Saïd. Pétris de contrition, des émissaires conduits par Ouali n'Mohand ou Ramdhane, mon grand-père maternel, vinrent solliciter son absolution pour les prier de réintégrer le village.

Alors que le pardon s'esquissait, un hôte de Bou Abderrahmane aurait invectivé le patriarche, trouvant son départ trop lent. Prenant l'assemblée à témoin, Saïd prophétisa que sa demeure resterait à jamais inhabitée et qu'il n'y pousserait plus que du chiendent (ad yemmghi dhegs waffar). À ce jour, la bâtisse éventrée offre ses ruines au vent, vierge de toute âme qui vive.

Bien que le pardon fût accordé, la délégation des Ath Hammoudha essuya un refus. Certains préférèrent rester auprès des Ath Yanni qui les avaient accueillis avec respect. Le pacte de confiance était rompu. Les Ath Hammoudha avaient oublié la dette sacrée contractée par leurs propres aïeux envers l'Hadj Âamer, qui leur avait jadis offert asile et protection lors de leur fuite devant les soldats du cruel roi de Koukou.

9. Les Refuges et la Résistance Kabyle

Il est avéré que les ancêtres Ahmed et Ali d'Adhroum nath Hammoudha, ultimes fuyards, avaient participé à la grande révolte des tribus parrainée par de saints hommes tels que Sidi Mansour, Sidi Abderrahmane, Sidi Ahmed ou Malek et Sidi Ahmed Oudris. Ne trouvant refuge nulle part parmi les leurs, pétrifiés par les représailles du despote de Koukou, ils furent finalement secourus par l'Hadj Aamer. Ce dernier les plaça sous la sauvegarde spirituelle de Sidi Salem, les autorisant à s'établir à l'ombre de sa propre demeure. De la maison originelle des Ath Hammoudha, seul subsiste aujourd'hui l'asseqif (le vestibule d'entrée) et la petite chambre d'hôte qui le couronne.

L'histoire des royaumes de Koukou, née de la bravoure de Sidi Ahmed ou el Qadhi au XVIe siècle, avait pourtant commencé dans la gloire. Ce libérateur avait uni les Kabyles contre les Espagnols, délivrant Béjaïa et chassant même Barberousse (Kheireddin) d'Alger. Mais après son assassinat, la dynastie des Ath el Qadhi sombra avec le temps dans un despotisme impitoyable.

Écrasées par les impôts, l'arbitraire et les injustices, les tribus kabyles cherchaient depuis des années le moyen de briser les chaînes de ce système féodal. Au XVIIe siècle, l'alliance de quatre marabouts en ermitage à Tizi-Berth sonna l'heure de la révolte. C'est Sidi Mansour qui insuffla le courage aux opprimés, forgeant une puissante confédération qui combattit sans relâche les Seigneurs de Koukou. Il fallut attendre la fin du XVIIe siècle pour voir chuter ce royaume et restaurer la liberté des tribus.

10. Un Vivier d'Érudits et de Héros

Fécondé par ces brassages tumultueux, Tassaft vit grandir sa population grâce à de multiples alliances. Dès la fin du XIXe siècle, avec l'essor de l'école indigène, le village enfanta une brillante lignée d'intellectuels.

Me Arab Ouahioune, cousin germain de mon grand-père, fut l'un des premiers avocats algériens, devenant bâtonnier et Président fondateur de la Cour de Constantine. Son frère, Mohand-Améziane, que j'appelais affectueusement dhadda Bezzi, fut un instituteur hors norme et un conteur merveilleux. Je lui dois le peu que je sais et ma passion pour la lecture et l'écriture. La tragédie voulut qu'il fût assassiné après l'indépendance pour d'obscurs motifs, son corps privé, à ce jour, d'une sépulture digne de ce nom.

La génération des années 20 vit l'avènement d'éducateurs d'exception, tels Amer Ouahioune, dont je fus l'élève, et le regretté Ouali Aït Hamouda à la carrière exemplaire. S'y ajoute Chabane Ouahioune, avocat, écrivain à succès et billettiste estimé. Je garde aussi en mémoire le sacrifice de mon cousin Mohand Aït Hamouda, instituteur tombé en Alsace en 1945, dans une guerre qui n'était pas la sienne. Je salue également la mémoire de Mohammed Arkoun, immense penseur disparu en 2011, dont la grand-mère était la sœur de mon grand-père.

Mais Tassaft offrit surtout à la nation deux figures colossales du combat anticolonialiste. Ammar Ould Hamouda, lycéen engagé, chef responsable de l'Organisation Secrète (O.S) en Kabylie et pilier de la cause amazighe. Destiné aux plus hauts rôles, il fut sacrifié en 1955 dans l'ombre des luttes fratricides, avant d'être finalement réhabilité dans les années 80.

Puis, il y eut le Colonel Amirouche Aït Hamouda, dont la place dans l'Histoire est celle du héros absolu, du combattant inlassable. Ses compagnons d'armes, que j'ai eu l'immense privilège de côtoyer à Tassaft, à Alger ou dans ma ville de Relizane, louaient son endurance physique, sa perspicacité politique et son regard si lucide sur notre pays.

Épilogue : L'Honneur d'une Mère

Le 5 Novembre 2014, ma bien-aimée maman, cette résistante aux nerfs d'acier, livrait son ultime combat à l'âge vénérable de 104 ans.

C'est la gorge nouée par l'émotion que je me remémore l'hommage solennel que lui rendirent les membres de l'Organisation Nationale des Moudjahidines de Relizane. Ils tinrent à procéder eux-mêmes à la levée de son corps et à son inhumation, enveloppant sa dépouille de l'emblème national.

Merci à eux. Et merci à cette terre de Tassaft, qui a forgé des âmes d'une telle trempe.

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Larvi AIT-HAMOUDA, Relizane, 2026.